Archives par mot-clé : Histoire culturelle

Julia Bartet, « la Divine » : itinéraire d’une comédienne et singularité d’une célébrité théâtrale féminine à la Belle Époque

Entretien avec Fiona Morel, archiviste paléographe (promo. 2026), lauréate du prix Auguste-Molinier, récompensant la meilleure thèse de la promotion, et du Prix Fondation Etrillard. Sa thèse d’École des chartes est intitulée : Julia Bartet, « la Divine » : itinéraire d’une comédienne et singularité d’une célébrité théâtrale féminine à la Belle Époque. Son travail a été dirigé par M. Christophe Gauthier, professeur d’Histoire du livre et des médias contemporains et par Mme Pascale Goetschel, professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Propos recueillis par Louis Cheminot, élève archiviste paléographe (promo. 2026).


Pourquoi ce sujet ?

En entrant à l’École, je désirais m’inscrire dans les études d’histoire culturelle, et au cours d’un entretien avec M. Christophe Gauthier, nous avons évoqué ensemble plusieurs pistes : la plus parlante à mes yeux était l’étude d’une comédienne de la deuxième moitié du XIXe siècle. Ce choix s’inscrivait dans la lignée de plusieurs travaux récents de chartistes : Aude Ginestet avait travaillé sur Réjane[1], contemporaine de Julia Bartet, et Anne Jérôme, deux ans avant moi, avait édité les mémoires d’Émile Fabre[2], administrateur général de la Comédie-Française au moment où Julia Bartet y jouait.

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Récits et mémoire collective du sac de Rome de 1527

Entretien avec Giulia Ceccarelli, archiviste paléographe (promo. 2025), autrice d’une thèse d’École des chartes intitulée : De la « lingua di ferro » à la prolifération des discours : récits et mémoire collective du sac de Rome de 1527 (XVIe-XXe siècle). Son travail a été dirigé par Mme Christine Bénévent, professeur dHistoire du livre et de bibliographie à l’École nationale des chartes (ENC), et Mme Florence Alazard, maîtresse de conférences au Centre d’études supérieures de la Renaissance (CESR) de l’Université de Tours. Propos recueillis par Oriane Durand-Poussin, archiviste paléographe (promo. 2025)1.


Comment as-tu abouti au choix de ton sujet de thèse ? 

Ma situation était un peu particulière par rapport à celle des autres élèves chartistes, puisque j’ai intégré l’École des chartes par le biais du concours pour les élèves internationaux. Je devais donc proposer un sujet de recherche pour candidater. Cela représentait pour moi un exercice totalement nouveau : venant de classe préparatoire littéraire, je n’avais jamais fait de la recherche scientifique. Je savais seulement que je voulais travailler sur Rome : cest ma ville natale, une ville dont lhistoire me passionne. Continuer la lecture de Récits et mémoire collective du sac de Rome de 1527

  1. Image de couverture : École flamande, Le sac de Rome, circa 1550 []

Faire plier la Chine en prenant de Taïwan ? L’expédition française de Formose (1884-1885)

Entretien avec Arsène Donada-Vidal, archiviste paléographe (prom. 2025), auteur d’une thèse d’École des chartes intitulée Le gage, la cage et la gageure : l’expédition française de Formose (1884-1885). Son travail a été dirigé par M. Édouard Vasseur, professeur d’archivistique, de diplomatique et d’histoire des institutions de l’époque contemporaine à l’École nationale des chartes (ENC), et M. Xavier Paulès, maître de conférence et directeur du Centre d’études sur la Chine moderne et contemporaine à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS et ). Propos recueillis par Eva Ripoteau, archiviste paléographe (prom. 2025)1.

« Le gage, la cage et la gageure » : peux-tu nous expliquer ton titre ?

Ce titre, un peu sibyllin, reprend l’idée de trois mouvements, trois théâtres dans la guerre. Mon travail portait sur une expédition militaire visant à prendre le nord de Taïwan comme gage, c’est-à-dire saisir une partie de l’île de Formose pour peser dans les négociations futures dans la guerre face à la Chine. L’armée française est vite embourbée au nord de l’île et ce qui devait à la base être un gage est devenu une cage puisque l’armée française est restée bloquée là-bas pendant dix mois. Lorsque l’armée française reste embourbée dans cette cage, le gouvernement a essayé l’option du blocus maritime pour empêcher tout navire d’arriver sur Formose, d’où la gageure, car c’était une façon de garder un levier d’action, comme un pari ou un coup de poker. D’où le gage, la cage et la gageure : l’idée était de prendre un gage, ce gage se transforme en cage, et pour essayer de s’en sortir, on a tenté une solution qui est une gageure.

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  1. Photographie d’André Salles. « Pescadores, pagode et villageois, au nord de Makung. Enseigne de Vaisseau Levot, de l’Éclaireur, aspirant Antoine Exelmans, aujourd’hui [1920] contre-amiral, 17 mai 1885 ». Négatif sur verre 13 × 18 cm. Société de géographie. []

Les détails curieux de Douët-d’Arcq. Édition de quelques actes tirés des registres du Trésor des Chartes

À l’occasion de l’exposition Le Moyen Âge du XIXe siècle. Créations et faux dans les arts précieux au Musée national du Moyen Âge de Cluny, Gabriel Grelier (élève archiviste paléographe de 4ème année) se propose d’éditer et commenter plusieurs fiches de l’archiviste Louis-Claude Douët-d’Arcq, révélatrices du regard du XIXe siècle sur le Moyen Âge.1

L’historien médiéviste et archiviste Louis Douët-d’Arcq (1808-1882), l’un des pères fondateurs des études médiévales françaises consacrées au XIVe siècle, est l’auteur d’une source que nous encourageons très volontiers nos consoeurs et confrères intéressés à consulter. Au-delà de sa collection, conservée aujourd’hui aux Archives Nationales site Pierrefitte (partie 1 en AB/XIX/199-AB/XIX/208, la plus tournée vers le Moyen Âge, et partie 2 en AB/XIX/654/B-AB/XIX/670), il est possible de consulter le « fichier » éponyme tripartite, qui regroupe dans la salle des inventaires du DMAAR des Archives Nationales environ 140 000 fiches indexatoires thématiques par classement alphabétique. Les séries J, K, L et M sont concernées. Parmi elles, plusieurs évoquent des « détails curieux » qui firent sourire ou rendirent perplexes les archivistes chargés des sondages dans les fonds au milieu du XIXe siècle. Elles révèlent un certain goût pour l’anecdotique typique de cette historiographie michelésienne. À l’occasion de l’ouverture le 7 octobre 2025 de l’exposition Le Moyen Âge du XIXe siècle. Créations et faux dans les arts précieux au Musée national du Moyen Âge de Cluny (commissariat Christine Descatoire), nous nous proposons d’en éditer une fraction en plusieurs fois afin d’évoquer les intérêts révélateurs qui ont pu suffisamment interpeller Douët-d’Arcq en son temps pour qu’il note et conserve la trace de leur cote.

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  1. Image de bannière : lettre de rémission accordée à Jean de Guivry. []

Compte rendu du colloque « La langue comme source »

Le 25 juin dernier, l’association des Chroniques chartistes a eu le plaisir d’organiser une journée d’étude sur le thématique de « La langue comme source ». Destinée spécifiquement à un public de jeunes chercheur·euse – masterant·e·s, doctorant·e·s et jeunes docteur·e·s –, elle avait pour ambition d’offrir un cadre pour une réflexion collective autour des enjeux de l’étude de la langue dans les sciences humaines. Structurée autour de quatre séances thématiques, cette journée a ainsi permis de croiser linguistique, histoire, littérature, humanités numériques et différents domaines du savoir, dans une perspective interdisciplinaire.

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