Archives par mot-clé : Histoire contemporaine

« Ainsi, j’étais devant Bonaparte… » Présentation et édition critique du « Journal » du comte Alexandre-Maurice Blanc de Lanautte d’Hauterive (1824-1827)

Entretien avec Gabriel Rocard, archiviste paléographe (promo. 2026), auteur d’une thèse d’École des chartes intitulée : “Ainsi j’étais devant Bonaparte…” Présentation et édition critique du “Journal” du comte Alexandre-Maurice Blanc de Lanautte d’Hauterive (1824-1827). Son travail a été dirigé par Mme Juliette Deloye, maîtresse de conférences à l’université de Montpellier Paul-Valéry et M. Edouard Vasseur, professeur d’Archivistique, de diplomatique et d’histoire des institutions de l’époque contemporaine à l’École nationale des chartes (ENC). Propos recueillis par Louis Cheminot, élève archiviste paléographe (promo. 2026).


Pourquoi as-tu choisi ce sujet ?

Initialement, je voulais travailler sur la diplomatie d’Ancien Régime : il se trouve qu’une thèse venait d’être faite sur le Ministère des Affaires Étrangères. Comme elle bloquait les possibilités de recherches dans l’immédiat, il a fallu changer le fusil d’épaule: au fil des lectures sur la diplomatie de cette époque, Empire compris, est revenue assez régulièrement la figure du comte d’Hauterive, notamment, et avec lui l’existence d’un journal qu’il aurait tenu. En fait, une biographie du comte aurait été trop ambitieuse pour une thèse d’École des Chartes : j’ai donc décidé, après avoir lu le journal conservé aux archives diplomatiques, de me lancer dans son édition.

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Penser l’« Empire », administrer les colonies : l’œuvre de Daniel Lescallier (1764-1799)

Entretien avec Alice Capot, archiviste paléographe (promo. 2026), auteur d’une thèse intitulée “Penser l'”Empire”, administrer les colonies : l’œuvre de Daniel Lescallier (1764-1799). Son travail a été dirigé par M. Olivier Poncet, professeur d’Archivistique, de diplomatique et d’histoire des institutions de l’époque moderne à l’École nationale des chartes (ENC), et M. François-Joseph Ruggiu, professeur d’histoire moderne à Sorbonne Université. Propos recueillis par Louis Cheminot, élève archiviste paléographe (promo. 2026).


Quelle est l’origine de ce sujet ?

Le choix de ce sujet est fortuit. À l’origine, je souhaitais travailler sur la période révolutionnaire ; ce qui m’intéressait, c’était la transition de la justice entre l’Ancien Régime et la Révolution. Les colonies devaient être le cadre de cette étude. Mais j’ai été mise en relation avec la Fondation de Chambrun qui conserve des archives du marquis de Lafayette relatives à son expérimentation d’abolition graduelle de l’esclavage en Guyane.

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Faire plier la Chine en prenant de Taïwan ? L’expédition française de Formose (1884-1885)

Entretien avec Arsène Donada-Vidal, archiviste paléographe (prom. 2025), auteur d’une thèse d’École des chartes intitulée Le gage, la cage et la gageure : l’expédition française de Formose (1884-1885). Son travail a été dirigé par M. Édouard Vasseur, professeur d’archivistique, de diplomatique et d’histoire des institutions de l’époque contemporaine à l’École nationale des chartes (ENC), et M. Xavier Paulès, maître de conférence et directeur du Centre d’études sur la Chine moderne et contemporaine à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS et ). Propos recueillis par Eva Ripoteau, archiviste paléographe (prom. 2025)1.

« Le gage, la cage et la gageure » : peux-tu nous expliquer ton titre ?

Ce titre, un peu sibyllin, reprend l’idée de trois mouvements, trois théâtres dans la guerre. Mon travail portait sur une expédition militaire visant à prendre le nord de Taïwan comme gage, c’est-à-dire saisir une partie de l’île de Formose pour peser dans les négociations futures dans la guerre face à la Chine. L’armée française est vite embourbée au nord de l’île et ce qui devait à la base être un gage est devenu une cage puisque l’armée française est restée bloquée là-bas pendant dix mois. Lorsque l’armée française reste embourbée dans cette cage, le gouvernement a essayé l’option du blocus maritime pour empêcher tout navire d’arriver sur Formose, d’où la gageure, car c’était une façon de garder un levier d’action, comme un pari ou un coup de poker. D’où le gage, la cage et la gageure : l’idée était de prendre un gage, ce gage se transforme en cage, et pour essayer de s’en sortir, on a tenté une solution qui est une gageure.

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  1. Photographie d’André Salles. « Pescadores, pagode et villageois, au nord de Makung. Enseigne de Vaisseau Levot, de l’Éclaireur, aspirant Antoine Exelmans, aujourd’hui [1920] contre-amiral, 17 mai 1885 ». Négatif sur verre 13 × 18 cm. Société de géographie. []

La Semaine des Enfants : un journal pour la jeunesse au Second Empire

Entretien avec Nathanaël Laffont, archiviste paléographe (prom. 2024), auteur d’une thèse d’École des chartes intitulée : La Semaine des Enfants (1857-1876) : un journal pour la jeunesse ancré dans le Second Empire. Son travail a été dirigé par M. Christophe Gauthier, professeur d’histoire de l’édition et des médias contemporains à l’École nationale des chartes (ENC), et M. Jean-Charles Geslot, maître de conférence à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines . Propos recueillis par Giulia Ceccarelli, élève archiviste paléographe en quatrième année.1

Comment as-tu abouti au choix de ce sujet ?

À l’origine, mon intérêt portait sur le roman populaire et les romans-feuilletons. Cependant, en explorant les périodiques pour la jeunesse du XIXe siècle, j’ai constaté qu’il existait peu d’études sur ces publications, notamment pour la seconde moitié du siècle. En consultant les ressources disponibles sur Gallica, j’ai identifié plusieurs journaux jeunesse méconnus. Deux titres ont particulièrement retenu mon attention : La Semaine des Enfants et Le Magasin d’Éducation et de Récréation publié par Hetzel. Mon projet initial visait à analyser ces deux périodiques et les relations entre leurs maisons d’édition respectives. Cependant, comme le second avait déjà été étudié partiellement dans des articles, j’ai décidé de concentrer mon analyse sur La Semaine des Enfants. Ce choix s’est confirmé lorsque j’ai découvert que les premiers récits de la comtesse de Ségur, une autrice très lue à l’époque et que j’affectionne particulièrement, avaient été publiés dans ce journal. Si ses œuvres ont fait l’objet de nombreuses études, elles n’ont jamais été abordées sous l’angle de leur publication dans des périodiques. Cela m’a permis de proposer un regard nouveau sur ce corpus.

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  1. Image mise en avant : “L’imprimerie générale de M. Charles Lahure. – Vue de la Galerie des Machines”, gravure sur bois dessinée par Gustave Doré, 21,7×33,3 cm, extraite de L’Année illustrée (Paris, 1857) et conservée dans le recueil [Recueil. Œuvre de Gustave Doré. Œuvre monté. Tome 22, “Le Juif errant” (1855) ; Coleridge (1875) ; Pl. extraites
    de divers journaux (“Journal pour rire”, “Musée Français”, “Musée Anglais”, “Monde illustré”, …) ; Affiches] conservé à la Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, cote DC-298 (L)-FOL. Version numérisée sur Gallica. []

Célébrer l’art de la nation : Henry Jouin et les provinces (1870-1879)

Entretien avec Ombeline Chabridon, archiviste paléographe (prom. 2024), autrice d’une thèse d’École des chartes intitulée L’art et les provinces : une mosaïque nationale. Henry Jouin (1841-1913) et l’administration des Beaux-Arts au début de la IIIe République (1870-1879). Son travail a été dirigé par M. Édouard Vasseur, professeur d’archivistique, diplomatique et histoire des institutions de l’époque contemporaine à l’École nationale des chartes (ENC) et M. Armand Bertinet, maître de conférence à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne. Propos recueillis par Arsène Donada, élève archiviste paléographe en quatrième année.1


Comment en es-tu venue à travailler sur Henry Jouin ? 

C’est la découverte d’un fonds d’archives privées, détenu par les héritiers d’Henry Jouin, qui m’a menée sur les traces de ce personnage, collectionneur et historien d’art de la seconde moitié du XIXe siècle. Le fonds d’environ deux mètres linéaires est composé pour l’essentiel de la correspondance passive d’Henry Jouin, ainsi que de sa collection d’autographes. Ses descendants conservent également des exemplaires de ses nombreuses publications, reliés par ses soins. J’ai eu beaucoup de chance de tomber sur ce fonds : il répondait au désir que j’avais déjà de travailler sur l’histoire du XIXe siècle, et sur les beaux-arts en particulier. Avec le large réseau d’artistes et d’amateurs d’art qui se dessinait dans le fonds Jouin, j’étais servie.

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  1. Image mise en avant : Galerie David d’Angers, musée des beaux-arts d’Angers ; crédits : Selbymay – Travail personnel, CC BY-SA 3.0 []