Archives par mot-clé : Édition de texte

Documents littéraires et non littéraires (chartes, comptes, etc.)

« Ainsi, j’étais devant Bonaparte… » Présentation et édition critique du « Journal » du comte Alexandre-Maurice Blanc de Lanautte d’Hauterive (1824-1827)

Entretien avec Gabriel Rocard, archiviste paléographe (promo. 2026), auteur d’une thèse d’École des chartes intitulée : “Ainsi j’étais devant Bonaparte…” Présentation et édition critique du “Journal” du comte Alexandre-Maurice Blanc de Lanautte d’Hauterive (1824-1827). Son travail a été dirigé par Mme Juliette Deloye, maîtresse de conférences à l’université de Montpellier Paul-Valéry et M. Edouard Vasseur, professeur d’Archivistique, de diplomatique et d’histoire des institutions de l’époque contemporaine à l’École nationale des chartes (ENC). Propos recueillis par Louis Cheminot, élève archiviste paléographe (promo. 2026).


Pourquoi as-tu choisi ce sujet ?

Initialement, je voulais travailler sur la diplomatie d’Ancien Régime : il se trouve qu’une thèse venait d’être faite sur le Ministère des Affaires Étrangères. Comme elle bloquait les possibilités de recherches dans l’immédiat, il a fallu changer le fusil d’épaule: au fil des lectures sur la diplomatie de cette époque, Empire compris, est revenue assez régulièrement la figure du comte d’Hauterive, notamment, et avec lui l’existence d’un journal qu’il aurait tenu. En fait, une biographie du comte aurait été trop ambitieuse pour une thèse d’École des Chartes : j’ai donc décidé, après avoir lu le journal conservé aux archives diplomatiques, de me lancer dans son édition.

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Récits et mémoire collective du sac de Rome de 1527

Entretien avec Giulia Ceccarelli, archiviste paléographe (promo. 2025), autrice d’une thèse d’École des chartes intitulée : De la « lingua di ferro » à la prolifération des discours : récits et mémoire collective du sac de Rome de 1527 (XVIe-XXe siècle). Son travail a été dirigé par Mme Christine Bénévent, professeur d’Histoire du livre et de bibliographie à l’École nationale des chartes (ENC), et Mme Florence Alazard, maîtresse de conférences au Centre d’études supérieures de la Renaissance (CESR) de l’Université de Tours. Propos recueillis par Oriane Durand-Poussin, archiviste paléographe (promo. 2025)1.


Comment as-tu abouti au choix de ton sujet de thèse ? 

Ma situation était un peu particulière par rapport à celle des autres élèves chartistes, puisque j’ai intégré l’École des chartes par le biais du concours pour les élèves internationaux. Je devais donc proposer un sujet de recherche pour candidater. Cela représentait pour moi un exercice totalement nouveau : venant de classe préparatoire littéraire, je n’avais jamais fait de la recherche scientifique. Je savais seulement que je voulais travailler sur Rome : c’est ma ville natale, une ville dont l’histoire me passionne. Continuer la lecture de Récits et mémoire collective du sac de Rome de 1527 →

  1. Image de couverture : École flamande, Le sac de Rome, circa 1550 [↩]

Les détails curieux de Douët-d’Arcq. Édition de quelques actes tirés des registres du Trésor des Chartes

À l’occasion de l’exposition Le Moyen Âge du XIXe siècle. Créations et faux dans les arts précieux au Musée national du Moyen Âge de Cluny, Gabriel Grelier (élève archiviste paléographe de 4ème année) se propose d’éditer et commenter plusieurs fiches de l’archiviste Louis-Claude Douët-d’Arcq, révélatrices du regard du XIXe siècle sur le Moyen Âge.1

L’historien médiéviste et archiviste Louis Douët-d’Arcq (1808-1882), l’un des pères fondateurs des études médiévales françaises consacrées au XIVe siècle, est l’auteur d’une source que nous encourageons très volontiers nos consoeurs et confrères intéressés à consulter. Au-delà de sa collection, conservée aujourd’hui aux Archives Nationales site Pierrefitte (partie 1 en AB/XIX/199-AB/XIX/208, la plus tournée vers le Moyen Âge, et partie 2 en AB/XIX/654/B-AB/XIX/670), il est possible de consulter le « fichier » éponyme tripartite, qui regroupe dans la salle des inventaires du DMAAR des Archives Nationales environ 140 000 fiches indexatoires thématiques par classement alphabétique. Les séries J, K, L et M sont concernées. Parmi elles, plusieurs évoquent des « détails curieux » qui firent sourire ou rendirent perplexes les archivistes chargés des sondages dans les fonds au milieu du XIXe siècle. Elles révèlent un certain goût pour l’anecdotique typique de cette historiographie michelésienne. À l’occasion de l’ouverture le 7 octobre 2025 de l’exposition Le Moyen Âge du XIXe siècle. Créations et faux dans les arts précieux au Musée national du Moyen Âge de Cluny (commissariat Christine Descatoire), nous nous proposons d’en éditer une fraction en plusieurs fois afin d’évoquer les intérêts révélateurs qui ont pu suffisamment interpeller Douët-d’Arcq en son temps pour qu’il note et conserve la trace de leur cote.

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  1. Image de bannière : lettre de rémission accordée à Jean de Guivry. [↩]

Éditer des textes latins musicaux : un nouveau regard sur la musique sacrée de Marc-Antoine Charpentier (1643-1704)

Entretien avec Inès Gabillet, archiviste paléographe (prom. 2024), auteure d’une thèse d’École des chartes intitulée Les textes latins des pièces sacrées de Marc-Antoine Charpentier (1643-1704). Son travail a été dirigé par M. Emmanuel Bury, professeur de littérature classique à l’Université Paris-Sorbonne et M. François Ploton-Nicollet, professeur de langue et littérature latines et de codicologie à l’École nationale des chartes (ENC). Propos recueillis par Colette Loutrel, élève archiviste paléographe en quatrième année.


Comment as-tu décidé de travailler sur les textes latins de Marc-Antoine Charpentier ?

J’ai mis un peu de temps à trouver. Pendant la première année, je savais que je voulais travailler sur la musique baroque, au XVIIe siècle de préférence et pourquoi pas sur un compositeur que j’aime bien et Marc-Antoine Charpentier en fait partie. Mais en fait au départ, je suis partie sur un sujet beaucoup plus archivistique qui était les maîtrises de jeunes garçons qu’on trouvait dans les cathédrales et qui étaient gérées par les chanoines. J’allais donc travailler sur Saint-Germain-l’Auxerrois, dont la maîtrise n’avait jamais été étudiée, et ça aurait été un travail de dépouillement d’archives. J’ai bifurqué à la fin de ma première année, parce que j’avais contacté Jean Duron, un musicologue dont je connaissais le nom parce qu’il a fondé, entre autres, le centre de musique baroque de Versailles et il m’a parlé d’un autre sujet pour lequel il n’avait trouvé personne parce que les musicologues ne sont pas spécialement latinistes. En fait, les textes des motets du XVIIe, dont ceux de Marc-Antoine Charpentier, qui sont très nombreux, n’avaient jamais été étudiés. Ce sont notamment les textes qui ne sont pas directement tirés de la Bible ou de la liturgie, mais qui sont soit des assemblages de différentes références bibliques, soit des inventions. Il s’agit d’un corpus de pièces sacrées, qu’il a fallu que j’établisse d’après le catalogue des œuvres de Charpentier.

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Installation et affirmation d’un administrateur général (1915-1922)

Entretien avec Anne Jérôme, archiviste paléographe (prom. 2023), auteure d’une thèse d’École des chartes intitulée Emile Fabre : installation et affirmation d’un administrateur général (1915-1922). Son travail a été dirigé par Mme Pascale Goetschel, professeure d’histoire contemporaine à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne et M. Christophe Gauthier, professeur d’histoire de l’édition et des médias contemporains à l’École nationale des chartes (ENC). Propos recueillis par Colette Loutrel, élève archiviste paléographe en troisième année.


Comment as-tu trouvé ce sujet ?

La réponse est facile. Quand je suis arrivée à l’École des chartes, à la rentrée 2019, j’ai tout de suite pris contact avec la bibliothécaire-archiviste de la Comédie-Française, Mme Agathe Sanjuan. J’avais découvert son métier un peu par hasard sur le site internet de la Comédie-Française et je l’avais trouvé assez formidable. Je l’ai rencontrée au départ pour qu’elle me parle de sa carrière dans la conservation des bibliothèques, des problématiques propres à la Comédie-Française et à son histoire. Elle a terminé le rendez-vous en me disant : « comme vous êtes à l’École des chartes, vous allez bientôt être amenée à choisir un sujet de thèse ». J’étais en début de première année donc la problématique était encore assez lointaine pour moi, mais elle m’a indiqué un fonds autour d’un manuscrit d’un administrateur, d’environ 2000 pages et d’une écriture assez rapide et elle avait envisagé d’en faire un sujet d’École des chartes. Comme je n’avais pas encore grande idée de ce qu’était une thèse d’École des chartes et encore moins de ce qu’était une thèse d’édition par rapport à une thèse de recherche, j’ai laissé s’écouler quelques mois avant de revenir à son idée et de vraiment consulter le manuscrit. J’ai finalement décidé de travailler dessus.

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