Dans un contexte où la donnée s’impose comme une ressource stratégique, la question de sa gestion dans le temps long devient cruciale, en particulier dans le secteur bancaire. Derrière les obligations de conformité et les exigences de traçabilité, les archives jouent un rôle bien plus large qu’il n’y paraît : elles structurent l’information, sécurisent les activités et participent à la mise en récit de l’histoire des institutions. À la Fédération Nationale des Banques Populaires (FNBP), cette fonction s’inscrit au croisement des enjeux réglementaires, organisationnels et patrimoniaux. À travers cet article, Jérémie Maria, chef de projet archives au sein de la FNBP, partage son expérience et sa vision d’un métier en pleine évolution. Entre pilotage de projets, accompagnement des métiers et valorisation du patrimoine documentaire, il met en lumière les multiples facettes d’un rôle essentiel à la fois à la mémoire et à la performance de l’organisation. Propos recueillis par Camille Girard (en première année du Master TNAH), le 20 avril 20261.
Pouvez-vous nous décrire votre parcours académique ?
En premier lieu, je vous remercie pour ce temps. Je pense qu’on peut parler effectivement d’un profil plutôt atypique me concernant. J’ai d’abord suivi des études en comptabilité et finances des entreprises, à l’issue desquelles j’ai d’ailleurs été diplômé, avant de réaliser un peu après que ce n’était pas du tout ce que je voulais pour ma vie professionnelle. Donc on était très loin de l’archivistique au départ et de l’histoire, mais j’ai toujours été très passionné par l’histoire sans vraiment m’imaginer un jour que je pouvais en faire un métier.
- Crédit photo : FédérationNationaleBanquesPopulaires [↩]