Archives par mot-clé : Archives départementales

Entretien avec Florentin Dez, responsable Records Management chez Bouygues Construction

Dans un secteur de la construction en constante évolution, où la maîtrise de l’information est devenue aussi stratégique que la gestion des projets eux-mêmes, le Records Management s’impose comme un levier essentiel de performance et de conformité. Chez Bouygues Construction, cette fonction joue un rôle clé dans la structuration, la fiabilisation et la pérennisation des données tout au long du cycle de vie des ouvrages. Dans cette interview, Florentin Dez, responsable Records Management chez Bouygues Construction, revient sur son métier discret mais fondamental, au cœur de la transformation numérique et de la gouvernance de l’information du groupe. Propos recueillis par Camille Girard (en première année du Master TNAH) le 11 mai 20261.


Quel est votre parcours académique et professionnel ?

J’ai toujours aimé l’Histoire et voulu écrire. À l’issue de mon lycée, j’ai commencé mes études par une licence d’Histoire à Amiens dans l’idée de poursuivre ensuite en journalisme. Le cours de paléographie moderne de troisième année a changé mes plans ! Ayant grandi dans l’Oise, loin d’un dépôt d’archives, je n’ai découvert ce milieu qu’à l’occasion d’un devoir de transcription où nous devions aller choisir un acte notarial du XVIIe siècle aux archives départementales. L’expérience m’a beaucoup plu, et finalement, j’ai décidé de rejoindre le Master « Métiers des archives et technologies appliquées » de mon université l’année suivante.

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  1. Crédit photo : Arnaud Février, 2025 []

Entretien avec Jean-Baptiste Legoff, chargé d’études documentaires aux Archives départementales d’Indre-et-Loire 

Les Archives départementales d’Indre-et-Loire jouent un rôle essentiel dans la préservation et la valorisation du patrimoine historique local. Elles constituent entre autres une ressource indispensable pour les passionnés d’histoire, les chercheurs et le grand public. À travers de cette interview, Jean-Baptiste Legoff, chargé d’études documentaires, nous éclaire sur les enjeux de la conservation et l’évolution des métiers liés aux archives départementales. Propos recueillis par Camille Girard (en première année du master TNAH), le 5 janvier 2026.1


Pouvez-vous nous présenter votre métier et nous dire depuis combien de temps vous exercez ?  

Je suis chargé d’études documentaires, et j’exerce depuis onze ans à Tours.  

Concrètement, je suis en charge de toutes les questions liées à la conservation, aussi bien conservation préventive que restauration, ce qui a pour objectif de protéger les documents. Je m’occupe des séries modernes. Nous traitons également quelques archives révolutionnaires avec mon collègue.  Continuer la lecture de Entretien avec Jean-Baptiste Legoff, chargé d’études documentaires aux Archives départementales d’Indre-et-Loire 

  1. Photo de couverture : Archives départementales d’Indre-et-Loire à Tours, Wikimedia Commons []

La France de l’entre-deux-guerres à l’épreuve de la peste blanche

Entretien avec Julie Faget, archiviste paléographe (prom. 2023), auteure d’une thèse d’École des chartes intitulée La France de l’entre-deux-guerres à l’épreuve de la peste blanche. Étude de cas d’un réseau de lutte antituberculeuse dans les Basses-Pyrénées. Son travail a été dirigé par Mme Anne Rasmussen, directrice d’études à l’EHESS et M. Edouard Vasseur, professeur d’archivistique, diplomatique et d’histoire des institutions de l’époque contemporaine à l’École nationale des chartes (ENC). Propos recueillis par Giulia Ceccarelli, élève archiviste paléographe en quatrième année.1

 Comment as-tu abouti au choix de ce sujet ?

Depuis le lycée, j’ai toujours eu une passion pour la biologie, ce qui m’avait poussée à choisir un baccalauréat scientifique. Au moment du choix de la thèse de l’École nationale des chartes, j’ai souhaité garder cet aspect scientifique et le combiner avec l’histoire, dont j’ai le goût depuis la classe préparatoire. L’histoire de la médecine à l’époque contemporaine laissait de la place à de nouveaux travaux et j’ai rapidement trouvé des idées de sujet de recherche dans le domaine des épidémies. Je jouissais d’une grande liberté de choix, car il reste beaucoup à faire là-dessus. Rapidement, je me suis intéressée à la tuberculose et à ses aspects culturels. Quand on pense à cette maladie, nous en avons immédiatement une image romantisée : la pâleur qui caractérise les malades a inspiré les écrivains romantiques, qui ont dessiné tout un imaginaire de la tuberculose et des malades qui en sont atteints. Ces aspects certes captivants avaient déjà été traités par deux chercheuses, Isabelle Grellet et Caroline Kruse, sous la direction de Roland Barthes, et il paraissait difficile de pouvoir en dire plus. Avec l’aide de mes professeurs, j’ai alors choisi de m’intéresser à l’aspect plus institutionnel de la maladie et à la manière dont les malades étaient traités. Il me fallait donc un fonds d’archives assez complet, qu’il soit possible d’exploiter aussi à distance. En effet, les débuts de mes recherches ont été marqués par la crise du COVID, qui restreignait particulièrement l’accès aux salles de lecture.

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  1. Image mise en avant : Carte postale présentant la cour du sanatorium de Larressore et plusieurs malades prenant la pose, [1920]. Main privée, tous droits réservés. []

Les boulangers de Toulouse au XVIe siècle

Entretien avec Martin Bugnicourt, archiviste paléographe (promo. 2023), auteur d’une thèse d’École des chartes intitulée Du pain sur la planche. Les boulangers à Toulouse au XVIe siècle. Ce travail a été dirigé par MM. Jean-Marie Le Gall, professeur d’histoire moderne à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et Olivier Poncet, professeur d’archivistique, diplomatique et histoire des institutions de l’époque moderne à l’École nationale des chartes (ENC). Propos recueillis par Louis Cheminot, élève archiviste paléographe en deuxième année.


Pourquoi ce sujet ? Pourquoi Toulouse ? Pourquoi le XVIe siècle ?

Pourquoi Toulouse ? Parce que j’ai une affinité avec la ville : j’y ai fait ma prépa. Et comme je viens du Gers… De même pour le XVIe siècle : comme c’est une période charnière entre Moyen-Âge et Époque Moderne, il y a beaucoup de continuités, en particulier dans l’histoire toulousaine. La ville est particulièrement dynamique à ce moment-là : le commerce du pastel a repris depuis le milieu du XVe siècle, puis fait la fortune de la ville jusqu’au début du XVIe siècle ; il s’effondre avec l’arrivée de l’indigo et des Guerres de Religions. La ville a donc amorcé son « déclin ». C’est aussi une période de grandes constructions architecturales avec de magnifiques hôtels particuliers. Enfin, rappelons que Toulouse forme un bastion catholique dans un pays acquis au protestantisme.

Je voulais d’autre part m’intéresser à l’histoire de l’alimentation, sujet qui me tient à cœur ; étudier un métier précis permettait de concilier ce goût-là avec celui que j’avais pour l’histoire des villes. Un métier de l’alimentation était parfait, car je pouvais parler de nourriture et surtout de nourriture quotidienne, car l’histoire de la gastronomie n’est pas ce qui m’intéresse le plus. Et comme il est impossible d’étudier un métier comme celui des boulangers sans parler de la ville elle-même, je retrouvais mon appétence pour l’histoire urbaine.

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Innovations pédagogiques et formation des élites à la fin de l’époque moderne : le collège bénédictin et l’école militaire de Sorèze (1759 – 1796)

Entretien avec Juliette Curien–Mangel (prom. 2022) qui a soutenu en juin sa thèse d’école intitulée « Le collège bénédictin et l’école militaire de Sorèze (1759-1796). Innovations pédagogiques et formation des élites », sous la direction de M. Olivier Poncet, professeur d’histoire moderne à l’École nationale des chartes (ENC), et de M. Boris Noguès, maître de conférence à l’ENS Lyon.1 Propos recueillis par Arsène Donada–Vidal (élève archiviste-paléographe en 2e année).


Tu as changé de sujet en cours de route, passant d’une étude sur le collège de Juilly au collège de Sorèze. Pourquoi, et comment as-tu vécu ce changement ? Qu’est-ce qui t’a amenée à travailler sur ce sujet ?

Au moment de choisir un sujet de recherche au courant de la première année du cursus d’archiviste-paléographe (AP1) dès novembre 2018, je pensais travailler sur quelque chose de complètement différent : les voyages d’exploration en Afrique au XIXe siècle. J’avais rencontré une professeure et j’étais même allée aux Archives nationales d’outre-mer à Aix-en-Provence, au printemps, pour y consulter les carnets de voyage de l’explorateur Alfred Dyé (1874 – 1926). J’envisageais donc dans un premier temps de travailler sur le personnage, voire d’éditer ses carnets. En fin de compte, au terme de l’année d’AP1, j’ai un peu regretté d’avoir délaissé la période moderne, avec laquelle j’avais le plus d’affinités.

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  1. Image de converture : le clocher Saint Martin et la cour des Rouges de l’abbaye-école de Sorèze en 2008. Photo JYB Devot – Wikimedia Commons []