Entretien avec Camille Gourtay, archiviste paléographe (promo. 2026), auteur d’une thèse intitulée Une nouvelle ère du livre : Charles Gosselin (1795-1859), éditeur des Romantiques. Son travail a été dirigé par M. Christophe Gauthier, professeur d’histoire du livre et des médias contemporains à l’École nationale des chartes (ENC), et M. Jean-Charles Geslot, maître de conférences à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Propos recueillis par Louis Cheminot, élève archiviste paléographe (promo. 2026).
Pourquoi ce sujet ?
Je nourrissais déjà un intérêt pour le XIXe siècle de manière générale. Les cours d’histoire de l’édition en première année m’ont vraiment intéressée. J’ai découvert assez vite que la première partie du siècle avait été moins traitée à travers les monographies d’éditeurs, au contraire de la seconde qui voit éclore les parcours de Flammarion, Fayard, etc.
Quelle est la différence entre un éditeur et un libraire au XIXe siècle ?
À l’époque de Gosselin, la différence est bien moins stricte qu’elle ne le sera plus tard dans le siècle ou encore de nos jours. Lorsqu’il débute sa carrière, les professionnels du livre cumulent en général plusieurs fonctions, de la réception du manuscrit et de son envoi à l’impression, à la vente directe des ouvrages. De là vient l’appellation de « libraire-éditeur » pouvant être employée pour désigner Gosselin et ses confrères dans cette période de transition. La profession d’éditeur alors en pleine émergence est caractérisée par une relation privilégiée avec les auteurs, la supervision du travail des imprimeurs, la vente des livres de fonds plutôt que des livres d’assortiments.